Fiches pratiques

Voici une présentation de nombreuses affections que l'on peut rencontrer chez le chien et le chat. N'hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire.

La rupture du ligament croisé

16/01/2018

  • Chirurgie

Le ligament croisé antérieur est  un acteur essentiel dans la stabilité du genou. Présent dans l’articulation, il s’insère caudalement sur le fémur et cranialement sur le tibia. Il empêche la rotation interne du tibia, son hyper extension et son avancée par rapport au fémur. Sa rupture, en déstabilisant le genou, est la première cause de boiterie postérieure chez le chien. Rarement traumatique elle est dans la majorité des cas liée à un processus dégénératif.
L’instabilité du genou et la dégradation arthrosique qui en découle sont à l’origine de la boiterie.

Le diagnostic est clinique :

  • Le chien présente une boiterie parfois sans appui, un gonflement de l’articulation, un épaississement de la capsule et une instabilité du genou (signe du tiroir)
  • L’examen radiographique permet de mettre en évidence des signes indirects de rupture du ligament croisé antérieur comme la présence d’arthrose ainsi qu’un épanchement articulaire

Le traitement de la rupture du ligament croisé antérieur chez le chien consiste à stabiliser chirurgicalement le genou. Il existe deux principales techniques :

  • Chez les chiens de petit gabarit (moins de 15 kg), une technique de stabilisation dite extra articulaires sera préférée, la suture fabello-tibiale latérale : une prothèse est mise en place afin de mimer l’orientation du ligament croisé antérieur originel. 

Chez des chiens de plus grands gabarits (plus de 15 kg) une technique de stabilisation intra articulaire dynamique sera privilégiée, la TPLO (Tibial Plateau Leveling Osteotomy) : le tibia est coupé à l’aide d’une scie circulaire. La rotation du fragment proximal permet de réduire la pente du plateau tibial et d’assurer la stabilité du genou lors de l’appui. Une fois la rotation obtenue,  le fragment proximal est fixé dans sa nouvelle confirmation à l’aide d’une plaque et de vis. Cette technique permet une reprise d’appui plus rapide mais présente certaines complications (18-28%) comme des fractures de crêtes tibiales ou des arrachages d’implants, notamment lorsque le repos post-opératoire n’est pas respecté.

Le choix de la technique doit être discuté avec le chirurgien lors de la consultation pre-operatoire afin de définir la plus adaptée au gabarit du chien mais également à activité à son âge. Quelque soit la technique choisie, une exploration de l’articulation du genou est réalisée pendant la chirurgie afin de retirer les débris de ligament croisé rompu , de rincer l’articulation et de traiter d’éventuelles lésions méniscales.

Une fois l’intervention chirurgicale réalisée, l’animal reçoit des antalgiques, des anti-inflammatoires et des antibiotiques. 
Un repos strict est indispensable pendant environ 2 mois, promenade hygiénique en laisse courte et interdiction de sauter, courir ou monter des escaliers.


Le pronostic après opération est variable en fonction de la technique employée mais les résultats fonctionnels sont satisfaisants dans 80 à 90% des cas.

 

Sources principales :

Tobias , Johnston . Veterinary Surgery Small Animal. 2012; 62 : 906-998

Brinker, Piermattei, Flo. Handbook of Small Animal Orthopedics and Fracture Repair. 2006; 18: 562-632.

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